Thèse Métabolisme et Gouvernance des Écovillages dans le Lot-Et-Garonne et le Long du Fleuve Sénégal la Transition Rurale à l'Échelle Biorégionale H/F - Doctorat.Gouv.Fr
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- Doctorat.Gouv.Fr
Les missions du poste
Établissement : Le Mans Université École doctorale : École doctorale Sociétés, Temps, Territoires Laboratoire de recherche : ESPACES ET SOCIETES Direction de la thèse : Mathieu DURAND Date limite de candidature : 2026-06-10T00:00:00
La thèse a pour objectif l'analyse des processus transformatifs dans les écovillages des espaces ruraux en France et en Afrique de l'Ouest. Ce regard croisé permet de reconceptualiser les écovillages comme un outil de transition écologique. La réflexion sur des écovillages transformant l'existant plutôt que créés ex nihilo permet de transcender la dimension utopique et expérimentale qui leur ont été attribués jusqu'à présent. Il s'agit finalement d'analyser les écovillages comme une manière d'aménager l'espace et de réinventer un modèle de société. La dimension Nord/Sud offre la possibilité d'étudier les écovillages selon différents contexte géographiques, climatiques, économiques et culturels. Cette mise en miroir permet de réfléchir les écovillages dans leur potentialité d'adaptation face à des contextes divers. L'étude sera réalisée à une échelle biorégionale dans une perspective de réflexion sur les relations entre l'environnement et la manière dont celui-ci peut « réhabiter » les espaces ruraux à l'ère du changement climatique. L'aspect biorégionale laisse place à une perspective de transformation globale d'un territoire. Une attention particulière sera accordée à la manière dont se déploie la gouvernance au sein des écovillages afin de comprendre les stratégies et les dynamiques décisionnelles mises en place. En Afrique, le prisme post-colonialisme par le biais des études de développement sera mis en lumière pour comprendre si les populations locales sont décisionnaires dans leurs espaces. Globalement, il s'agira de comprendre dans quelle mesure les écovillages est un outil démocratique dont les populations d'un territoire peuvent se saisir afin de faire face aux enjeux liés au changement climatique.
Le laboratoire ESO (Espaces et Sociétés), labellisé CNRS 6590, est un laboratoire pluridisciplinaire dont la composante dominante est la géographie sociale. Les membres travaillent notamment sur la question d'aménagement de l'espace, des enjeux démocratiques et de matérialité de l'espace. Le site du Mans est marqué par de nombreux travaux sur les transitions socio-écologiques. Ce travail, s'ancrant notamment dans une perspective de géographie sociale, de justice environnementale et de métabolisme territorial s'inscrit dans cette lignée. Par ailleurs, la présence d'africaniste éclairera ce projet sur le terrain d'Afrique de l'Ouest pour l'appréhender dans toute sa complexité. Le nombre important de doctorants présents dans le laboratoire (127 sur 5 sites), favorise une émulation intellectuelle propre au croisement et partage des savoirs. Ce travail de thèse sera encadré par Mathieu Durand (Professeur de géographie) et Adeline Pierrat (Maitresse de conférences en Géographie et ancienne responsable de projet au GRET). Il s'inscrit dans la continuité de leurs travaux sur le métabolisme territorial et le développement local. La valorisation de ce projet de recherche sera réalisée pendant et après la thèse. Au cours de l'écriture de sa thèse, le doctorant participera à des colloques telles que les REAF (Recherches sur les Etudes Africaines en France) ou le séminaire Ruralités contemporaines de l'EHESS. Des articles académiques dans des revues telles que les revues EchoGéo, Suds , Politique africaine . Cette valorisation académique du travail de recherche offrira à la doctorante la possibilité de diffuser son travail tout en lui permettant d'approfondir ses analyses. Sur le terrain d'Afrique de l'Ouest, des travaux de rédaction associés au GRET favoriseront une transversalité et une circulation des savoirs dans une perspective de recherche-action, via les outils de publication de l'ONG. Davantage, un partenariat avec l'université Cheikh Anta Diop de Dakar, notamment le département de géographie, sera vecteur de partage des savoirs.
Ce sujet est novateur dans le champ scientifique car la dimension analytique des écovillages dans les espaces ruraux à une échelle territoriale n'a pas ou peu été étudiée. Davantage, l'exploration des écovillages des Suds est encore très marginale voire inexistante. Il y a un intérêt à explorer ces thématiques : dans un contexte de changement climatique induit par notre manière de vivre, il convient d'étudier quels sont les autres manières de faire société et les nouvelles relations entre l'environnement et l'habiter qui peuvent en découler. La littérature académique a également peu étudié l'adaptabilité des écovillages à des contextes divers et dans des pays où les besoins de réponses aux crises sont éloignés. Une mise en miroir Nord/Sud, est également un axe qui n'a pas été étudié dans une perspective scientifique. Cette démarche permet de mettre en miroir des approches différentes des écovillages.
Cette thèse explorera le développement d'outils pour la mise en place d'écovillages dans des contextes géographiques, économiques et culturels différents. Ils pourront ainsi être utilisés par collectivités souhaitant mettre en place des techniques d'aménagement se rapprochant des écovillages dans les espaces ruraux. De la même manière, l'analyse des écovillages en Afrique de l'Ouest permettra aux bailleurs de fonds et aux ONG d'affiner leurs aides au développement sur les stratégies d'aménagement dans les espaces ruraux. Des guides à usage des porteurs de projet, collectivités et maîtrises d'ouvrage pourront être rédigés pour comprendre les modalités de mise en place d'une démarche de transition écologique et démocratique dans ces espaces.